{"id":446,"date":"2025-05-06T18:26:13","date_gmt":"2025-05-06T16:26:13","guid":{"rendered":"https:\/\/cordescomtat.com\/?page_id=446"},"modified":"2025-05-06T18:26:14","modified_gmt":"2025-05-06T16:26:14","slug":"salles-sur-cerou","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/salles-sur-cerou\/","title":{"rendered":"Salles sur C\u00e9rou"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><strong><em>SALLES SUR CEROU, LE CHARME D\u2019UN VILLAGE MEDIEVAL<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading has-text-align-right\">par Vincent Bonnefille, G\u00e9rard Alquier<\/h4>\n\n\n\n<p>Ce petit village de 185 habitants est situ\u00e9 en bordure d\u2019une rivi\u00e8re, le C\u00e9rou, entre Cordes et Carmaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>I &#8211; La pierre fait la renomm\u00e9e du village<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le gr\u00e8s qui abonde, extrait des carri\u00e8res de Salles et des environs ,a servi \u00e0 la construction des maisons. La couleur de ce gr\u00e8s varie, selon le lieu d\u2019extraction, du jaune \u00e0 l\u2019ocre en passant par le flamm\u00e9 et le violet.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es 1950, une soixantaine de personnes exploitaient encore cette pierre dans environ 17 carri\u00e8res. Celles de la vall\u00e9e du C\u00e9rou livraient \u00e0 Cordes et \u00e0 Carmaux alors que celles du plateau livraient vers Albi. On peut toujours dans la r\u00e9gion, au hasard des promenades, d\u00e9couvrir des linteaux de fen\u00eatres, des marches, des st\u00e8les fun\u00e9raires en gr\u00e8s de Salles&#8230; Les belles maisons patriciennes de Cordes&nbsp;: Maison du Grand Veneur, du Grand fauconnier\u2026 sont \u00e9difi\u00e9es avec cette pierre r\u00e9gionale et attestent d\u00e9j\u00e0 de son usage \u00e0 l\u2019\u00e9poque romane. Elle a fait la renomm\u00e9e de certains tailleurs de pierres tels Pierre Viguier qui, en 1448, travailla \u00e0 la construction de la cath\u00e9drale de Rodez&nbsp;; en 1459, responsable de l\u2019atelier de sculpture, il d\u00e9core le portail sud de la cath\u00e9drale avec la pierre qu\u2019il vient chercher dans la carri\u00e8re de Magot \u00e0 Livers-Cazelles. Son fils Hugues continue la tradition.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Depuis le Moyen-\u00e2ge jusqu\u2019\u00e0 nos jours, le gr\u00e8s de Salles a apport\u00e9 la prosp\u00e9rit\u00e9 et la renomm\u00e9e au village.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>II \u2013 IL garde dans ses pierres la m\u00e9moire de son histoire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ces pierres qu&rsquo;on a taill\u00e9es, grav\u00e9es, sculpt\u00e9es, nous allons les d\u00e9couvrir en parcourant le village.<\/p>\n\n\n\n<p>Autrefois pour y acc\u00e9der en venant de Carmaux ou Cordes, on pouvait prendre le train&nbsp;: \u00e0 gauche de cette vieille carte postale on aper\u00e7oit encore la voie ferr\u00e9&nbsp;&nbsp;et la gare existe toujours&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais auparavant on \u00e9tait accueilli au relais de poste dont le sur-\u00e9l\u00e8vement de la route a cach\u00e9 les \u00e9curies <em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s le pont sur le C\u00e9rou, il fallait franchir la muraille par un portail, d\u00e9moli en 1877 car il emp\u00eachait le passage des charrettes de foin.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette muraille est attest\u00e9e dans le compoix de 1600&nbsp;: \u00ab&nbsp;Noble Arnaud de Saint Hilaire tient une maison ch\u00e2teau &#8230;confronte avec la muraille de la ville&#8230;&nbsp;\u00bb Peut-\u00eatre datait-elle de la Guerre de 100 ans car \u00e0 cette \u00e9poque les villages se fortifiaient pour r\u00e9sister \u00e0 une \u00e9ventuelle attaque des Anglais proches (le trait\u00e9 de Br\u00e9tigny (1360) leur avait conc\u00e9d\u00e9 le Rouergue)&nbsp;; mais les consuls de Cordes avaient intent\u00e9 des proc\u00e8s \u00e0 ces villages leur reprochant d&rsquo;offrir ainsi aux Anglais un refuge difficile \u00e0 reprendre s&rsquo;ils occupaient le village (1).<\/p>\n\n\n\n<p>Une pierre du chambranle de la porte d&rsquo;entr\u00e9e de ce ch\u00e2teau &nbsp;comporte une inscription tr\u00e8s int\u00e9ressante qu&rsquo;on peut traduire ainsi: \u00ab&nbsp;(cette pierre) fut pos\u00e9e en l&rsquo;an du Seigneur 1275 (2) (pour le) (seigneur?) Daiga conseiller au supr\u00eame s\u00e9nat toulousain&nbsp;\u00bb (y avait-il un s\u00e9nat avant le parlement de 1443?).<\/p>\n\n\n\n<p>Voici quelques autres inscriptions, sur des fa\u00e7ades de maisons, tout aussi myst\u00e9rieuses&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re <em>:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;IHS&nbsp;: Iesus Hominum Salvator (J\u00e9sus sauveur des hommes) \u2013 M (A au-dessus, pour Maria) \u2013 P MOLINIER (le R au-dessus&nbsp;!)&nbsp;; 1601 est suivi de&nbsp;: 4 et I (qui signifient&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<p>Et celle-ci : \u00ab&nbsp;Souviens-toi de l&rsquo;an 1544&nbsp;\u00bb On ne sait toujours pas de quoi doit-on se souvenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Voici la tour carr\u00e9e proche de l&rsquo;\u00e9glise : elle pourrait \u00eatre le premier ch\u00e2teau ou du moins ce qu&rsquo;il en reste. Remarquez la fen\u00eatre g\u00e9min\u00e9e en haut et la porte primitive au premier \u00e9tage&nbsp;: on devait y acc\u00e9der par une \u00e9chelle qu&rsquo;on retirait en cas d&rsquo;attaque.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>III \u2013 Une \u00e9glise remarquable&nbsp;: St Sauveur<\/strong> (3)<\/p>\n\n\n\n<p>Le clocher a \u00e9t\u00e9 sur\u00e9lev\u00e9 en 1874&nbsp;: \u00e9tait-ce pour concurrencer la tour&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>La croix marque l&#8217;emplacement de l&rsquo;ancien cimeti\u00e8re d\u00e9plac\u00e9 en 1881 \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur du village (4)<\/p>\n\n\n\n<p>Au pr\u00e9alable, quelques mots d&rsquo;histoire&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Une premi\u00e8re \u00e9glise \u2013 qui pourrait \u00eatre la chapelle castrale &#8211; est mentionn\u00e9e en 972 dans le \u00ab&nbsp;codicille de Garsinde&nbsp;\u00bb, comtesse de Toulouse. Dom De Vic et Dom Vaissette le citent dans leur&nbsp;\u00ab&nbsp;Histoire g\u00e9n\u00e9rale de Languedoc&nbsp;\u00bb(1730\/1745)&nbsp;(5)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&#8230; elle fait divers legs pieux pour l&rsquo;ame de Pons son mari inhum\u00e9 \u00e0 S.Pons de Tomi\u00e8res&nbsp;\u00bb: \u00ab&nbsp;Placuit mihi Garsindae comitissae, dit-elle, pro remedium viri mei Pontii, etc&nbsp;\u00bb. Et plus loin: \u00ab&nbsp;Et meam ecclesiam S. Salvatoris de Salas&#8230; dono Deo etc S. Pontio Tomeriensi ubi vir meus requiescit&#8230;&nbsp;\u00bb c&rsquo;est-\u00e0-dire: \u00ab&nbsp;Il m&rsquo;a plu \u00e0 moi comtesse Garsinde&#8230; pour rem\u00e8de \u00e0 mon mari Pons&#8230; Et mon \u00e9glise S.Sauveur de Salles je la donne \u00e0 Dieu etc \u00e0 S.Pons de Tomi\u00e8re o\u00f9 mon mari repose.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ils citent en note leur source \u00ab&nbsp;Thesaurus novus anecdotorum&nbsp;\u00bb, soit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nouveau tr\u00e9sor d&rsquo;anecdotes&nbsp;\u00bb, collect\u00e9es par Dom Martene et Dom Durand et publi\u00e9 en 1717.<\/p>\n\n\n\n<p>Eux-m\u00eames pr\u00e9cisent&nbsp;: \u00ab&nbsp;EX CARTARIA ALBIENSIS&nbsp;\u00bb, autrement dit \u00ab\u00a0tir\u00e9 des archives d&rsquo;Albi\u00a0\u00bb. Mais la r\u00e9volution \u00e9tant pass\u00e9 par l\u00e0, l&rsquo;original a disparu.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour un codicille \u00ab&nbsp;bref&nbsp;\u00bb Edmond Cabi\u00e9 (Revue du Tarn de 1900 <em>p 181 \u00e0 202)<\/em>il a compt\u00e9 114 legs \u00e0 l&rsquo;occasion de la mort de son mari&nbsp;! En avait-il des p\u00e9ch\u00e9s \u00e0 se faire pardonner&nbsp;! ou lui en pr\u00eatait-elle plus que de raison&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>En 1231 l&rsquo;\u00e9glise est restitu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00eaque d&rsquo;Albi (V.All\u00e8gre). Rappelons que le trait\u00e9 de Paris a mis fin \u00e0 la Croisade contre les Albigeois en 1229, croisade au cours de laquelle Simon de Montfort, venu 3 fois \u00e0 St Marcel, devait passer probablement par Salles.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant d&rsquo;entrer, un coup d\u2019\u0153il au portail: l&rsquo;archivolte est illustr\u00e9e de trois t\u00eates&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00a0au sommet\u00a0: une t\u00eate d&rsquo;\u00e9v\u00eaque ou d&rsquo;abb\u00e9, mitr\u00e9 et cross\u00e9, pour rappeler l&rsquo;appartenance de l&rsquo;\u00e9glise \u00e0 l&rsquo;abb\u00e9 de St Benoit de Castres ou de St Pons ou \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00eaque d&rsquo;Albi apr\u00e8s restitution\u00a0?<\/li>\n\n\n\n<li>en bas \u00e0 gauche : une t\u00eate de femme, coiff\u00e9e d&rsquo;un bonnet.<\/li>\n\n\n\n<li>en bas \u00e0 droite :une t\u00eate d&rsquo;homme dont les cheveux sont maintenus par un bandeau.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est une int\u00e9ressante illustration des coiffures de l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Remarquez que les colonnes ne reposent pas au sol&nbsp;: en effet ce portail se situait \u00e0 l&rsquo;origine sur la fa\u00e7ade nord. Dernier d\u00e9tail&nbsp;: la pierre de seuil, biseaut\u00e9e, semble avoir \u00e9t\u00e9 une pierre d&rsquo;autel.<\/p>\n\n\n\n<p>A l&rsquo;int\u00e9rieur admirez la belle vo\u00fbte du ch\u0153ur en \u00e9toile, dont le bleu symbolise le ciel , probablement de l&rsquo;azurite (6) (7). Toute la vo\u00fbte est d\u00e9cor\u00e9e de m\u00e9daillons&nbsp;: ceux de la nef repr\u00e9sentent des ap\u00f4tres et ceux du ch\u0153ur des proph\u00e8tes&nbsp;: habituellement ce sont ceux-ci qu&rsquo;on repr\u00e9sente en premier (voir le ch\u0153ur de Ste C\u00e9cile d&rsquo;Albi); pourquoi cette inversion ?<\/p>\n\n\n\n<p>Les chapiteaux forment un ensemble unique dans l&rsquo;Albigeois du nord, avec st Michel de Lescure (8). Citons les plus int\u00e9ressants:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Daniel dans la fosse aux lions : \u00e0 chaque angle une t\u00eate unique pour deux corps.<\/li>\n\n\n\n<li>A l&rsquo;entr\u00e9e du ch\u0153ur, \u00e0 droite \u00a0: un d\u00e9mon cornu et barbu flanqu\u00e9 de deux personnages ainsi guett\u00e9s par l&rsquo;esprit du mal, mais une croix sur le c\u00f4t\u00e9 (invisible sur la photo) les appelle au salut.<\/li>\n\n\n\n<li>Enfin, en face \u00a0: st Pierre reconnaissable \u00e0 sa cl\u00e9, escort\u00e9 de 2 \u00e9v\u00eaques ou abb\u00e9s cross\u00e9s et mitr\u00e9s ayant chacun \u00e0 son c\u00f4t\u00e9 un personnage semblant leur souffler \u00e0 l&rsquo;oreille des conseils \u2013 mais lesquels? Toujours le m\u00eame message\u00a0: nous devons choisir entre le bien et le mal.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Nous d\u00e9couvrons enfin les quatre remarquables statues qui ornent le chevet. Elles sont de style bourguignon, 1\u00e8re moiti\u00e9 du 16e si\u00e8cle, en bois polychrome. Elles correspondent bien \u00e0 quatre de celles d\u00e9crites en 1734 par Christophe Moucherel dans un \u00ab&nbsp;M\u00e9moire instructif&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019occasion de la commande qui lui a \u00e9t\u00e9 faite pour restaurer l\u2019orgue de la cath\u00e9drale d\u2019Albi. Il y d\u00e9crit le buffet de l\u2019orgue ant\u00e9rieur: \u00ab&nbsp;Il y a neuf figures qui sont un <em>Ecce Homo<\/em> et les huit autres repr\u00e9sentent les Vertus et plac\u00e9es au dessus des tuyaux&nbsp;\u00bb (9). Celles-ci repr\u00e9sentent&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>2 vertus cardinales\u00a0: Force <em>\u00a0:<\/em>casqu\u00e9e, elle tient une tour dans sa main gauche et \u00e9trangle un dragon de sa main droite\u00a0; et Justice : elle tient un livre ouvert sur lequel appara\u00eet une balance, (mais l&rsquo;\u00e9p\u00e9e, autre attribut de cette vertu, et son bras ont disparu) (10).<\/li>\n\n\n\n<li>Et 2 vertus th\u00e9ologales\u00a0: Charit\u00e9 <em>\u00a0:<\/em>elle tient une bourse \u00e0 main gauche (il lui manque la main droite); et Esp\u00e9rance : elle est v\u00eatue en marcheuse, robe courte avec grosse ceinture, jugulaire d&rsquo;un chapeau disparu, sous son bras le bourdon du p\u00e8lerin\u00a0; \u00e0 main gauche une poign\u00e9e, celle d&rsquo;une ancre, espoir du retour des marins avec une bonne p\u00eache, ou d&rsquo;une b\u00eache, espoir de bonnes r\u00e9coltes (11). Il manque la foi.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>On ajoutait parfois l&rsquo;humilit\u00e9 (selon Jean-Louis Biget), ce qui fait les huit statues compt\u00e9es par Moucherel.<\/p>\n\n\n\n<p>La tradition attribue les 3 vertus th\u00e9ologales aux 3 ap\u00f4tres de la Transfiguration de J\u00e9sus&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>foi\u00a0: st Pierre fondateur de la nouvelle \u00c9glise,<\/li>\n\n\n\n<li>esp\u00e9rance\u00a0: st Jacques le Majeur, \u00e9vang\u00e9lisateur de l&rsquo;Espagne \u00ab\u00a0enterr\u00e9\u00a0\u00bb en Galice, d&rsquo;o\u00f9 les chemins vers Santiago de Compostelle, d&rsquo;o\u00f9 notre marcheuse,<\/li>\n\n\n\n<li>charit\u00e9 (amour)\u00a0: st Jean, disciple pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de J\u00e9sus.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Les tableaux du chemin de croix &nbsp;sont des lithogravures r\u00e9alis\u00e9es par la Maison Basset (Paris), entre 1849 et 1865, titr\u00e9es en fran\u00e7ais et en espagnol.<\/p>\n\n\n\n<p>AUTRES RICHESSES prot\u00e9g\u00e9es au titre des Monuments Historiques&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Plat de qu\u00eate \u00a0 : \u00ab\u00a0Pour les \u00e2mes du Purgatoire &#8211; Dieu vous le rende\u00a0\u00bb.<\/li>\n\n\n\n<li>Tableau XIXe s\u00a0: Anne apprenant \u00e0 lire \u00e0 sa fille Marie .<\/li>\n\n\n\n<li>V\u00eatements liturgiques du XVIIIe s\u00a0: chasuble, \u00e9tole, manipule . En satin\u00a0; en effet la coutume de l&rsquo;\u00e9poque voulait que les nobles dames offraient \u00e0 l\u2019\u00c9glise les v\u00eatements qu&rsquo;elles ne portaient plus.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Pour terminer, arr\u00eatons-nous sur le triple vitrail du ch\u0153ur <em>.<\/em>&nbsp;Il repr\u00e9sente&nbsp;: au centre&nbsp;: le Bon Pasteur, \u00e0 gauche st Fran\u00e7ois de Salle, \u00e0 droite le bienheureux Jean Baptiste de la Salle.<\/p>\n\n\n\n<p>Le texte en bas du vitrail nous donne l&rsquo;interpr\u00e9tation que fait le donateur de l&rsquo;origine du village et de sa famille : \u00ab&nbsp;Gaucelin 1<sup>er<\/sup> de Salles venu de Salles la Source pr\u00e8s de Rodez o\u00f9 ses anc\u00eatres, originaires de Savoie, s\u2019\u00e9taient fix\u00e9s au retour de la 1<sup>\u00e8re<\/sup> croisade, \u00e9tait seigneur de St Marcel au XII\u00e8me s. Le comte de Toulouse lui ayant conc\u00e9d\u00e9 le vallon au pied de cette forteresse, il y fit construire un ch\u00e2teau qui prit son nom et dont cette \u00e9glise a d\u00fb \u00eatre primitivement la chapelle castrale. Simon de Montfort ruina St Marcel et Salles en 1213. Gaucelin II de Salles, d\u00e9pouill\u00e9 de ses domaines, contribua \u00e0 la fondation de la ville de Cordes et s\u2019y \u00e9tablit. Son fils Imbert combattit pour l\u2019ind\u00e9pendance romane \u00e0 Cordes, Carcassonne, et Monts\u00e9gur. Bertrand de Salles, \u00e9v\u00eaque de B\u00e9ziers (1245), obtint restitution de son patrimoine au fils d\u2019Imbert dont la descendance a r\u00e9sid\u00e9 \u00e0 Cordes jusqu\u2019au XV\u00e8me s. et s\u2019est ensuite transplant\u00e9 en Haute-Auvergne. Le comte de la Salle de Rochemaure, marquis de Salles du Doux, a offert ce vitrail en 1892 en m\u00e9moire de ses anc\u00eatres maternels.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;histoire de ce vitrail nous la devons au cur\u00e9 de Laparrouquial qui raconte la visite du comte vers 1880, en p\u00e8lerinage au pays de ses soit-disant anc\u00eatres. En \u00e9change d&rsquo;une statue de la Vierge que le comte reconna\u00eet \u00ab&nbsp;comme ayant \u00e9t\u00e9 v\u00e9n\u00e9r\u00e9e par ses a\u00efeux&nbsp;\u00bb, il a offert ce vitrail. Il \u00e9tait cam\u00e9rier (charg\u00e9 du service personnel) du pape L\u00e9on XIII.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mais qui \u00e9tait donc cet Imbert dont il se dit le descendant&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>IV &#8211; La personnalit\u00e9 locale&nbsp;: Imbert de Salles<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cathare, il est arr\u00eat\u00e9 \u00e0 la fin du si\u00e8ge de Monts\u00e9gur en 1244 et le 12 mai il fait une longue d\u00e9position devant les inquisiteurs&nbsp;: il est le fils de Gaucelm, seigneur de Salles. Alors qu\u2019il m\u00e8ne une vie errante (1241-1242), fuyant vers Lagrasse, Qu\u00e9ribus, Puylaurens, il rencontre des bonshommes en 1241 et d\u00e9clare croire en leur doctrine. Il se r\u00e9fugie \u00e0 Monts\u00e9gur. Il est pr\u00e9sent lors du massacre des inquisiteurs \u00e0 Avignonet le 2 mai 1242 mais il affirme ne pas avoir particip\u00e9 \u00e0 la tuerie. De mai 1243 \u00e0 mars 1244, le site est assi\u00e9g\u00e9. Il nous conte sa vie pendant cette p\u00e9riode&nbsp;: sa rencontre avec Bernard Marti, chef spirituel de la garnison puis son mariage avec Bernarda, la fille du coseigneur de Lavelanet. Il abjure la doctrine cathare et \u00e9vite ainsi le b\u00fbcher.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>V &#8211; Un village accueillant qui garde son originalit\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>*Il pr\u00e9serve son patrimoine&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>En mai 2013, Didier Benoit, gnomoniste r\u00e9put\u00e9, restaure le cadran solaire d\u2019une demeure du XVIII\u00e8me si\u00e8cle situ\u00e9e \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du village, au bord de la route qui relie Carmaux \u00e0 Cordes <em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>En septembre 2015 et septembre 2016 le puits de la R\u00e9volution est remis en \u00e9tat <em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>*Des animations en rapport avec la tradition m\u00e9di\u00e9vale animent le village&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>+La confr\u00e9rie de la pierre de Salles est cr\u00e9\u00e9e le 1<sup>er<\/sup> mai 2010 <em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>+ le festival de la pierre de Salles est instaur\u00e9 .<\/p>\n\n\n\n<p><em>*La m\u00e9moire d\u2019Imbert de Salles est entretenue&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>En 2009, une st\u00e8le, plac\u00e9e sur le mur sud de l\u2019\u00e9glise, est inaugur\u00e9e<em>.<\/em> Michel Delcausse, imagier \u00e0 Cordes en a fait le croquis&nbsp;; Serge Gaud a offert la pierre&nbsp;; des tailleurs de pierre et des sculpteurs de la r\u00e9gion ont \u0153uvr\u00e9 pour la r\u00e9aliser&nbsp;: Pascal Warengo, Andrew Scott, Josian Xifra, Patrice et Karine Sygenda.<\/p>\n\n\n\n<p><em>*Des publications sont r\u00e9alis\u00e9es&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>+Des historiens, tel Jean-Louis Biget, apportent leur t\u00e9moignage et l\u2019\u00e9crivain Bernard Mahoux retrace dans ses \u00e9crits la vie d\u2019Imbert de Salles.<\/p>\n\n\n\n<p>+Le sentier de la croisade qui serpente autour de Salles est balis\u00e9 de panneaux explicatifs con\u00e7us par Vincent Bonnefille .<\/p>\n\n\n\n<p><em>*Des conf\u00e9rences sont organis\u00e9es&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Des tailleurs de pierre (Pascal Warengo), des historiens (Charles Peytavi\u2026), des occitanistes (Raymond Ginouilhac<em>\u2026)&nbsp;<\/em>sont venus pr\u00e9senter au public tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9 le r\u00e9sultat de leurs travaux.<\/p>\n\n\n\n<p>*<em>Des animations se sont produites dans l\u2019\u00e9glise<\/em>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>chorales, orchestres classiques\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Conclusion<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les carri\u00e8res de gr\u00e8s ne sont plus exploit\u00e9es aujourd\u2019hui mais elles ont fait la renomm\u00e9e de Salles depuis le Moyen \u00e2ge.<\/p>\n\n\n\n<p>Salles sur C\u00e9rou est un village qui attire les touristes qui viennent nombreux en \u00e9t\u00e9. Des \u00e9trangers (quinze nationalit\u00e9s environ sont repr\u00e9sent\u00e9es) ach\u00e8tent des maisons. La population, fi\u00e8re du patrimoine et du charme des lieux, entretient cette m\u00e9moire qui se lit encore dans la pierre, sur les murs de certaines maisons.<\/p>\n\n\n\n<p>Sources:<\/p>\n\n\n\n<p>(1) \u00c9lodie Cassan : \u00ab&nbsp;Des forts villageois autour du<em> castrum<\/em> de Cordes en Albigeois : d\u00e9fense des campagnes et \u00e9volution des paysages du XIVe au XVIIe s&nbsp;\u00bb, p 154 in Arch\u00e9ologie du Midi m\u00e9di\u00e9val. Tome 29, de 2011).<\/p>\n\n\n\n<p>(2) Ces chiffres arabes \u00e0 la place de chiffres romains, \u00e0 cette date, peuvent faire douter de l&rsquo;anciennet\u00e9 de l&rsquo;inscription. Mais selon Georges Ifrah (\u00ab&nbsp;Histoire universelle des chiffres&nbsp;\u00bb TII p361, \u00e9d Bouquins chez R.Laffont&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;&#8230;c&rsquo;est bien au XIIe s. qu&rsquo;il faut placer les racines v\u00e9ritables de la graphie de nos chiffres modernes&nbsp;\u00bb. Alors, parions pour leur authenticit\u00e9&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>(3) Victor All\u00e8gre&nbsp;:\u00ab&nbsp;Promenade arch\u00e9ologique dans l&rsquo;ombre de Combefa&nbsp;\u00bb, Revue du Tarn 1963.<\/p>\n\n\n\n<p>(4) En application du D\u00e9cret du 23 prairial an 12 qui prescrit la translation des cimeti\u00e8res insalubres \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de l&rsquo;enceinte des communes.<\/p>\n\n\n\n<p>(5) R\u00e9\u00e9dit\u00e9e et augment\u00e9e par Du M\u00e8ge de 1840 \u00e0 1846 puis entre 1872 et 1904 par Privat<\/p>\n\n\n\n<p>(6) carbonate de cuivre traditionnellement utilis\u00e9 pour peindre les vo\u00fbtes.<\/p>\n\n\n\n<p>(7) peintre&nbsp;: F.Ricard en 1864 (cit\u00e9 au dos de l&rsquo;arche du ch\u0153ur).<\/p>\n\n\n\n<p>(8) Victor All\u00e8gre&nbsp;:\u00ab&nbsp;L&rsquo;art roman dans la r\u00e9gion albigeoise&nbsp;\u00bb 1943.<\/p>\n\n\n\n<p>(9) M\u00e9moire comment\u00e9 par Ch Portal dans la RdT 1901, pp 298-309.<\/p>\n\n\n\n<p>(10) Voir les vertus cardinales qui ornent les angles du tombeau de Fran\u00e7ois II, duc de Bretagne, et de sa seconde femme, Marguerite de Foix (<em>cath\u00e9drale de Nantes, ensemble r\u00e9alis\u00e9 de 1502 \u00e0 1507 par Michel <\/em>Colombe) dont les 2 autres qui manquent ici, \u00e0 savoir prudence et temp\u00e9rance.<\/p>\n\n\n\n<p>(11) Article d&rsquo;Antoinette et Jacques Sangouard paru en 1978 dans la Revue du Tarn.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"847\" height=\"524\" src=\"https:\/\/cordescomtat.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Salles-sur-Cerou.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-447\" srcset=\"https:\/\/cordescomtat.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Salles-sur-Cerou.png 847w, https:\/\/cordescomtat.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Salles-sur-Cerou-300x186.png 300w, https:\/\/cordescomtat.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Salles-sur-Cerou-768x475.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 847px) 100vw, 847px\" \/><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>SALLES SUR CEROU, LE CHARME D\u2019UN VILLAGE MEDIEVAL par Vincent Bonnefille, G\u00e9rard Alquier Ce petit village de 185 habitants est situ\u00e9 en bordure d\u2019une rivi\u00e8re, le C\u00e9rou, entre Cordes et Carmaux. I &#8211; La pierre fait la renomm\u00e9e du village Le gr\u00e8s qui abonde, extrait des carri\u00e8res de Salles et des environs ,a servi \u00e0 &#8230; <a title=\"Salles sur C\u00e9rou\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/salles-sur-cerou\/\" aria-label=\"En savoir plus sur Salles sur C\u00e9rou\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-446","page","type-page","status-publish"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/446","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=446"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/446\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":448,"href":"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/446\/revisions\/448"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=446"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}