{"id":456,"date":"2025-05-06T18:35:27","date_gmt":"2025-05-06T16:35:27","guid":{"rendered":"https:\/\/cordescomtat.com\/?page_id=456"},"modified":"2025-05-06T18:35:28","modified_gmt":"2025-05-06T16:35:28","slug":"les-fortifications-de-cordes-2","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/les-fortifications-de-cordes-2\/","title":{"rendered":"Les fortifications de Cordes"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Un d\u00e9fi\u00a0: les fortifications de Cordes<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading has-text-align-right\"><strong><em>par Catherine Barrett<\/em><\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p><strong><em>Un castrum parmi les autres<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le site spectaculaire ainsi que les fortifications de Cordes sont pour beaucoup dans la mythologie qui entoure la cit\u00e9. Les fortifications, outre leur r\u00f4le d&#8217;embl\u00e8mes du pouvoir des comtes et de leur ascendance royale, sont en fait le complexe d\u00e9fensif le plus impressionnant de la r\u00e9gion. Les remparts et les portes en \u00e9normes pierres de taille surgissent \u00e0 l&rsquo;aplomb du puech de Mordagne, la butte choisie par Raymond VII pour y installer son premier nouveau <em>castrum<\/em>. Le puech est ainsi situ\u00e9, que quelle que soit la direction d&rsquo;o\u00f9 on l&rsquo;approche, Cordes appara\u00eet comme la vision d&rsquo;un lieu extraterrestre. Il se tient isol\u00e9 des collines environnantes, un isolement particuli\u00e8rement sensible en automne quand la vall\u00e9e baigne dans le brouillard. Alors Cordes est vraiment cette ville flottante de l&rsquo;\u00e9crivain et dramaturge Philippe H\u00e9riat<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn1#_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>&nbsp;<\/td><\/tr><tr><td>&nbsp;<\/td><td>Cette image est la plus prononc\u00e9e quand on arrive de l&rsquo;est et du sud&nbsp;: la route qui suit les longues courbes en haut du plateau plonge d&rsquo;un coup dans la vall\u00e9e de la rivi\u00e8re C\u00e9rou.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n\n\n<p>En venant de l&rsquo;est (Albi) Cordes appara\u00eet \u00e0 plusieurs reprises, coups d&rsquo;\u0153il furtifs au gr\u00e9 des&nbsp; virages de la route sur une vision lointaine qui met en relief l&#8217;empilement des&nbsp; fortifications. En venant du sud (Gaillac et Toulouse) la vue de Cordes surgit comme une totale surprise. La route qui serpente en descendant du plateau arrive au fond de la vall\u00e9e, prend un dernier virage et soudain la proue impressionnante du castrum surgit. Quand on vient du nord-ouest (Saint Antonin-Noble-Val et Cahors) la route court la plupart du temps au fond de la vall\u00e9e, le puech se d\u00e9voile par intermittence tandis que la montagne s&rsquo;\u00e9tale sur toute sa longueur&nbsp;; puissant Stegosaurus couronn\u00e9 par les constructions en escalier.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il \u00e9tait in\u00e9vitable que des mythes li\u00e9s \u00e0 la fondation se d\u00e9veloppent sur un tel site. La plupart d&rsquo;entre eux renvoient \u00e0 la destruction du <em>castrum<\/em> de Saint-Marcel, situ\u00e9 \u00e0 quelques kilom\u00e8tres \u00e0 l&rsquo;est sur les pentes nord de la rivi\u00e8re C\u00e9rou. Saint-Marcel fut une source particuli\u00e8re de difficult\u00e9s pour Simon de Monfort le chef de la Croisade albigeoise. Il ne r\u00e9ussit \u00e0 le mettre \u00e0 bas qu&rsquo;en 1215 apr\u00e8s deux tentatives s\u00e9par\u00e9es. Au cours de l&rsquo;une d&rsquo;elles il eut \u00e0 subir les d\u00e9fis sarcastiques des assi\u00e9g\u00e9s tandis qu&rsquo;il assistait \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration d&rsquo;une messe. La destruction sans piti\u00e9 du <em>castrum<\/em> montre bien le degr\u00e9 de sa frustration. Tous les habitants s&rsquo;enfuirent quand il devint \u00e9vident qu&rsquo;il prendrait la cit\u00e9. Guillaume de Tud\u00e8le nous dit qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais vu autant de ch\u00e2teaux abandonn\u00e9s comme apr\u00e8s ce pillage<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn2#_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>. Historiens et \u00e9crivains sont partis du drame de cette destructrice campagne de la croisade pour lier la fondation de Cordes avec le d\u00e9sir de Ramond VII de reloger les sans-abris de Saint Marcel.<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre l\u00e9gende, plus fantaisiste, attribue le choix du lieu \u00e0 une intervention des esprits. Selon cette histoire les travaux avaient commenc\u00e9 sur le puech Gaubel pour reconstruire apr\u00e8s la destruction de Saint-Marcel mais le travail r\u00e9alis\u00e9 dans la journ\u00e9e disparaissait pendant la nuit. Finalement un ma\u00e7on \u00e0 bout de patience jeta son marteau aussi loin qu&rsquo;il put et il tomba sur le puech de Mordagne, signe qu&rsquo;une d\u00e9cision avait \u00e9t\u00e9 prise dans les cieux<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn3#_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Raymond VII a pu bien s\u00fbr souhaiter offrir un abri \u00e0 la population r\u00e9fugi\u00e9e de Saint-Marcel ou d&rsquo;autres cit\u00e9s d\u00e9truites au cours des campagnes de Montfort. Il a pu aussi \u00eatre impressionn\u00e9 par la beaut\u00e9 du site comme tant de visiteurs modernes. Mais la raison finale de son choix a \u00e9t\u00e9 sa volont\u00e9 de d\u00e9fendre sa fronti\u00e8re nord ainsi que son d\u00e9sir d&rsquo;\u00e9tablir un habitat qui serait \u00e9conomiquement viable. Nous savons par l&rsquo;Histoire que les comtes ont assur\u00e9 le contr\u00f4le de cette r\u00e9gion avec une ceinture de sites fortifi\u00e9s sur un diam\u00e8tre d&rsquo;environ 25 kilom\u00e8tres avec notamment Puycelsi, Bruniquel, Penne, Saint-Antonin-Noble-Val, Lagu\u00e9pie et Saint-Marcel.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y avait aussi Najac quelques kilom\u00e8tres au nord-est de ces ch\u00e2teaux, qui est devenu la capitale du Rouergue sous les comtes de Toulouse \u00e0 la fin du onzi\u00e8me si\u00e8cle. Au cours de la Croisade la plupart de ces ch\u00e2teaux furent captur\u00e9s par Simon de Montfort pour finalement revenir \u00e0 Raymond VI quelques mois plus tard, puis de nouveau \u00eatre saisis par Montfort durant sa violente offensive de 1212<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn4#_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>. En 1222 le territoire du comte au nord \u00e9tait vuln\u00e9rable en cas d&rsquo;attaque et politiquement instable. Le puech de Mordagne o\u00f9 allait se situer Cordes \u00e9tait entour\u00e9 de forces hostiles. Durant la Croisade, cruciale avait \u00e9t\u00e9 la perte de Saint-Antonin-Noble-Val, un important centre de p\u00e8lerinage en m\u00eame temps qu&rsquo;un centre commercial prosp\u00e8re. Albi \u00e0 l&rsquo;est \u00e9tait sous le contr\u00f4le de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque et de la famille Trencavel, une menace permanente pour les comtes de Toulouse et qui d&rsquo;ailleurs historiquement avaient toujours domin\u00e9 les terres du sud de Tarn<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn5#_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>. Tous ces ch\u00e2teaux, \u00e0 part Saint Antonin \u00e9taient sur des sites bien d\u00e9fendables. Ils se tenaient sur des falaises \u00e0 quelques 150 m\u00e8tres au dessus des rivi\u00e8res, et Saint Antonin \u00e9tait prot\u00e9g\u00e9 du fait qu&rsquo;il \u00e9tait pratiquement une \u00eele entour\u00e9e par l&rsquo;Aveyron. Ces bourgs fortifi\u00e9s \u00e9taient de vrais ch\u00e2teaux en ce sens que leur point de d\u00e9part avait \u00e9t\u00e9 un ch\u00e2teau plac\u00e9 \u00e0 l&rsquo;endroit le plus \u00e9lev\u00e9 et le plus inaccessible du site. Les cit\u00e9s s&rsquo;\u00e9taient d\u00e9velopp\u00e9es pour accueillir les familles des ch\u00e2telains, rues et b\u00e2timents s&rsquo;adaptant comme ils pouvaient au terrain irr\u00e9gulier de ces perchoirs rocheux. Ces agglom\u00e9rations furent entour\u00e9es sur deux \u00e0 quatre hectares par une extension des remparts du ch\u00e2teau, avec habituellement une seule entr\u00e9e principale. Jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du 12\u00e8me si\u00e8cle les ch\u00e2teaux en Languedoc \u00e9taient construits avec un dessin tr\u00e8s simple de leurs entr\u00e9es, la cour du ch\u00e2teau \u00e9tant habituellement accessible \u00e0 travers une simple tour.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les fortifications de Cordes pr\u00e9sentent une configuration particuli\u00e8re qui a contribu\u00e9 \u00e0 son succ\u00e8s commercial ainsi qu&rsquo;\u00e0 sa puissance d\u00e9fensive. Comme les autres <em>castra<\/em> il \u00e9tait situ\u00e9 sur une&nbsp; position \u00e9lev\u00e9e &#8211; 127 m\u00e8tres au-dessus du niveau de la vall\u00e9e &#8211; et la superficie englob\u00e9e par la premi\u00e8re enceinte \u00e9tait de 2 hectares. Mais ici finissent les points communs. Tandis que dans les autres <em>castra<\/em> le ch\u00e2teau \u00e9tait le centre n\u00e9vralgique du d\u00e9veloppement, \u00e0 Cordes ce serait la place du march\u00e9. Le comte menait une vie itin\u00e9rante&nbsp;; les ch\u00e2teaux \u00e9taient avant tout des symboles du pouvoir et les puissantes portes d&rsquo;entr\u00e9e pouvaient remplir ce r\u00f4le, et par ailleurs les march\u00e9s urbains avaient \u00e9t\u00e9 une source de revenus pour ses anc\u00eatres. Il a choisi un site pouvant assurer les aspects d\u00e9fensifs dont il avait besoin et en m\u00eame temps pouvait \u00eatre la base d&rsquo;un d\u00e9veloppement significatif du march\u00e9. Nombre des am\u00e9nagements contribuant ici \u00e0 sa d\u00e9fense ont \u00e9t\u00e9 aussi positifs quant \u00e0 sa prosp\u00e9rit\u00e9. Le site \u00e9tait quasiment autonome quant \u00e0 ses ressources naturelles. L&rsquo;eau \u00e9tait abondante que ce soit pour la vie quotidienne comme pour les activit\u00e9s \u00e9conomiques. Au nord se trouvait le C\u00e9rou, rivi\u00e8re navigable, au sud le courant d&rsquo;eau de l&rsquo;Aurosse. Les nombreuses cavit\u00e9s existantes dans le calcaire du puech \u00e9taient autant de citernes d&rsquo;eau potable, et on pouvait facilement atteindre de l&rsquo;eau en creusant des puits. La pierre de construction se trouvait sans difficult\u00e9 sur le puech et le bois dans les arbres de ses pentes. Tout autour les vall\u00e9es fertiles favorisaient l&rsquo;agriculture. La cr\u00eate allong\u00e9e du puech offrait un excellent observatoire sur la campagne environnante. Il est facile d&rsquo;imaginer que les premiers habitants de Cordes s&rsquo;y sentirent aussi \u00e0 l&rsquo;aise que ceux d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, go\u00fbtant ce sentiment d&rsquo;\u00e9quilibre d\u00e9crit par le g\u00e9ographe Jay Appleton parlant de la concordance entre \u00ab&nbsp;d\u00e9couverte et abri&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn6#_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette concordance n\u2019aurait eu aucune importance si Cordes n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 une jonction assez importante des routes par rapport au trafic existant des marchands et des p\u00e8lerins. Les trois principales routes qui entouraient le puech de Mordagne reliaient le nord et le sud du Languedoc ainsi que les villes de l&rsquo;int\u00e9rieur aux ports de l&rsquo;Atlantique et de la M\u00e9diterran\u00e9e, un atout vital depuis le temps des Romains pour ne pas dire plus t\u00f4t encore. Au treizi\u00e8me si\u00e8cle les routes se croisant au pied du puech menaient \u00e0 Saint-Antonin, Montauban et Cahors&nbsp; \u00e0 l&rsquo;ouest et au nord, \u00e0 Albi \u00e0 l&rsquo;est, \u00e0 Gaillac et Toulouse au sud. Malgr\u00e9 une circulation importante sur ces axes on ne trouve pas en 1222 de zones d&rsquo;habitation importantes proches du puech de Mordagne, m\u00eame s&rsquo;il existe des traces d&rsquo;habitat pr\u00e9 historique et romain<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn7#_ftn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>. Il y avait bien \u00e9videmment des fermes dispers\u00e9es dans la r\u00e9gion et m\u00eame deux paroisses dans un rayon de deux kilom\u00e8tres de Cordes, Saint-Pierre de Crantoul et Saint Jean de Mordagne. Pour Cordes m\u00eame, il semble bien que les premi\u00e8res structures construites par le comte comprenaient les portes de l&rsquo;enceinte sup\u00e9rieure, la barbacane, le puits profond, autant d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments impliquant une force de travail bien organis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La situation des portes dans l&rsquo;enceinte sup\u00e9rieure est \u00e0 remarquer car elle diff\u00e8re des habitudes des autres <em>castra. <\/em>Alors que dans ces derniers entr\u00e9es et sorties ne sont pas sym\u00e9triques, celles de Cordes sont align\u00e9es sur les points cardinaux ce qui a pour r\u00e9sultat de produire une sorte de <em>cardo<\/em> et de <em>decumanus<\/em> le long de la ligne de cr\u00eate ce qui facilitait en permanence un&nbsp; acc\u00e8s plus facile \u00e0 la place du march\u00e9. Cette organisation n&rsquo;exclut pas l&rsquo;existence d&rsquo;un ch\u00e2teau \u00e0 Cordes bien qu&rsquo;on n&rsquo;en trouve aucune mention ni dans les chroniques de la Croisade ni dans aucun des testaments des comtes de Toulouse qui recensent toutes leurs propri\u00e9t\u00e9s. Il est toutefois possible que les fondations du ch\u00e2teau aient \u00e9t\u00e9 enfouies sous les murs des maisons construites plus tard au 14\u00e8me si\u00e8cle. Si un ch\u00e2teau existait il se serait trouv\u00e9 probablement \u00e0 l&rsquo;est de la halle, dans la zone appel\u00e9e aujourd&rsquo;hui la Bride, au point le plus \u00e9lev\u00e9, \u00e0 une distance \u00e9gale des deux principales portes. Il ne fait pas de doute qu&rsquo;il devait y avoir en 1229 un b\u00e2timent assez grand pour accueillir la garnison pr\u00e9vue pour y loger durant dix ans, mais il n&rsquo;en existe pas de traces arch\u00e9ologiques&nbsp;; ce qui pourrait ressembler le plus \u00e0 un ch\u00e2teau \u00e0 Cordes est l&rsquo;importante barbacane \u00e0 la pointe est.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les portes et les remparts de Cordes sont exceptionnels par leur complexit\u00e9 et leur grandeur autant que par leur d\u00e9veloppement, ce qui sugg\u00e8re le d\u00e9sir du comte de se poser lui-m\u00eame en guerrier digne de son oncle Richard C\u0153ur de Lion. On lui attribue la construction des deux enceintes sup\u00e9rieures et autour de 1342 il y avait d\u00e9j\u00e0 deux enceintes suppl\u00e9mentaires. Cet ensemble de quatre enceintes circulaires s&rsquo;adaptaient \u00e0 la topographie du site en forme de miche de pain dont faisait partie une extension de l&rsquo;enceinte inf\u00e9rieure (Figure 1 en annexe). Cela r\u00e9sulte d&rsquo;un document dat\u00e9 de 1292 qui indique que les habitants de Mouzieys furent requis de r\u00e9parer et de maintenir en \u00e9tat les remparts de Cordes sur une dur\u00e9e de 70 ans<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn8#_ftn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a>. L&rsquo;enceinte sup\u00e9rieure avait un p\u00e9rim\u00e8tre de 950 m\u00e8tres. Son axe est-ouest faisait \u00e0 peu pr\u00e8s 340 m\u00e8tres avec 40 m\u00e8tres de large aux extr\u00e9mit\u00e9s et 80 m\u00e8tres dans sa plus grande largeur, au croisement des deux axes joignant les portes. Cela donnait une surface d&rsquo;environ 2 hectares.<\/p>\n\n\n\n<p>La seconde enceinte mesurait environ 1600 m\u00e8tres avec des largeurs de 70 et 150 m\u00e8tres, ce qui enfermait une zone de quelques 16 hectares. Les deux enceintes sup\u00e9rieures \u00e9taient s\u00e9par\u00e9es par un espace de quelques 20 m\u00e8tres avec une diff\u00e9rence de niveau de 9,70 en moyenne&nbsp;; il devait y avoir un foss\u00e9 entre les deux au moment de la construction. Les secondes et troisi\u00e8mes lignes de remparts \u00e9taient s\u00e9par\u00e9es par un passage appel\u00e9 les lices au nord et le planol au sud, mais en 1229 il est vraisemblable que cet espace n&rsquo;\u00e9tait encore qu&rsquo;un foss\u00e9 d\u00e9fensif. Le troisi\u00e8me mur \u00e9tait connu comme un \u00abbraie\u00bb (<em>braga<\/em> en occitan) indiquant une retenue de terre pouvant servir de ligne de d\u00e9fense suppl\u00e9mentaire. Les remparts avec un double foss\u00e9 \u00e9taient assez r\u00e9pandus, par contre rares \u00e9taient les doubles remparts&nbsp;; il est possible que ceux de Cordes aient \u00e9t\u00e9 les premiers de la r\u00e9gion<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn9#_ftn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au sujet de la continuit\u00e9 dans la construction entre les diff\u00e9rentes sections des remparts, il est difficile d&rsquo;indiquer leur extension au 13\u00e8me si\u00e8cle car ces murs ont \u00e9t\u00e9 reconstruits fr\u00e9quemment et parce qu&rsquo;ils se trouvent souvent ins\u00e9r\u00e9s dans des b\u00e2timents ainsi que dans les fondations des remparts du niveau inf\u00e9rieur.&nbsp; Des arguments pour la continuit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9s par Pascal Warengo un entrepreneur qui a beaucoup travaill\u00e9 sur les portes et les maisons de Cordes. Il a d\u00e9montr\u00e9 qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 possible de construire la double enceinte d\u00e9fensive entre 1222 et 1229 avec un contingent de 274 travailleurs<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn10#_ftn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;La th\u00e8se contraire est soutenue par l&rsquo;architecte Gilles S\u00e9raphin, qui a inventori\u00e9 les restes actuels des premiers remparts et en a conclu que les parties s\u00e9par\u00e9es des remparts pouvaient \u00eatre le r\u00e9sultat d&rsquo;une construction par des personnes individuelles plut\u00f4t que par une seule campagne d&rsquo;une entreprise publique<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn11#_ftn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>. Il est possible \u00e9galement que Raymond VII ait couvert les frais des plans et de la construction des portes et de la barbacane, mais que les remparts aient \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9s \u00e0 la responsabilit\u00e9 des habitants, soit en les int\u00e9grant \u00e0 leurs propres murs soit en les b\u00e2tissant entre les maisons. Que ce soit \u00e0 la demande du seigneur ou avec sa permission, construire eux-m\u00eames les remparts de leur cit\u00e9 est une pratique bien connue des habitants du 12\u00e8me si\u00e8cle<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn12#_ftn12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>. La continuit\u00e9 dans la construction des remparts peut \u00eatre un sujet \u00e0 controverse si, selon l&rsquo;argumentation de Mesqui, les portes, accompagn\u00e9es d&rsquo;une palissade en bois, \u00e9taient souvent suffisantes pour d\u00e9courager l&rsquo;ennemi<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn13#_ftn13\"><sup>[13]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;A Cordes l&rsquo;utilisation du m\u00eame mat\u00e9riau ainsi que nombre de d\u00e9tails que l&rsquo;on trouve dans la barbacane, les portes, les remparts ainsi que le puits montrent l&rsquo;extension de la premi\u00e8re campagne de construction. Il y a eu deux principaux types de pierre utilis\u00e9e pour les remparts et les portes&nbsp;: un calcaire blanc, quelquefois blond, taill\u00e9 en larges blocs rectangulaires, et une pierre sombre, dure et au grain fin, cass\u00e9e sommairement en rectangle plus petits. Le calcaire \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat brut est apparent le long de la Rue Chaude, une rue qui court dans l&rsquo;axe est-ouest juste au pied de la cr\u00eate. Cette pierre \u00e9tait extraite du versant sud de la butte elle-m\u00eame (et peut-\u00eatre d&rsquo;ailleurs) et taill\u00e9e en d&rsquo;imposants blocs rectangulaires&nbsp;; le format type \u00e9tait de 24cm sur 50 avec 33cm en hauteur, ce qui n&#8217;emp\u00eache pas de trouver une vari\u00e9t\u00e9 de formes aux angles des murs et aux arches des ouvertures. C&rsquo;est tr\u00e8s visible sur de larges parties des portes, dans des segments de l&rsquo;enceinte sup\u00e9rieure, ainsi que dans le parement en profondeur du puits. Le calcaire semblable \u00e0 du schiste sombre, provenant des carri\u00e8res de la vall\u00e9e \u00e0 l&rsquo;est et au nord, se trouve comme mat\u00e9riau utilis\u00e9 pour les fondations expos\u00e9es au nord, un mat\u00e9riau bien adapt\u00e9 aux conditions de chocs ainsi qu&rsquo;aux risques de gel.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Une autre sorte de pierre utilis\u00e9e en quantit\u00e9 significative pour les demeures de Cordes est un gr\u00e8s mauve ou gris provenant d&rsquo;une carri\u00e8re pr\u00e8s de Salles \u00e0 l&rsquo;est. La finesse de son grain le rendait propice aux fa\u00e7ades et aux sculptures datant du milieu du 13\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Syst\u00e8mes des portes et des entr\u00e9es<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La structure complexe des portes et des entr\u00e9es de Cordes impose de les mettre \u00e0 part de l&rsquo;ensemble des autres ch\u00e2teaux. Dans les constructions plus anciennes on a des entr\u00e9es ins\u00e9r\u00e9es dans des tours carr\u00e9es ou rectangulaires munies de meurtri\u00e8res. Toutefois en 1222 les monarques anglais et fran\u00e7ais exp\u00e9rimentaient de nouveaux types de d\u00e9fenses. Ch\u00e2teaux et remparts sont entr\u00e9s dans une p\u00e9riode de changement radical&nbsp;: utilisation de formes g\u00e9om\u00e9triques r\u00e9guli\u00e8res,&nbsp; positions de tours rondes flanquant les remparts ainsi que les portes d&rsquo;entr\u00e9e, partout une obsession pour le d\u00e9tail. Suite aux strat\u00e9gies de l&rsquo;offensive militaire d&rsquo;Henri II, on estime commun\u00e9ment que les Plantragenets, Henri II et Richard Ier, furent les premiers \u00e0 int\u00e9grer ces changements<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn14#_ftn14\"><sup>[14]<\/sup><\/a>. A l&rsquo;oppos\u00e9 les nombreux travaux de d\u00e9fense lanc\u00e9s par le roi Philippe-Auguste (1180-1223) au d\u00e9but de son r\u00e8gne sont d&rsquo;une nature plus conservatrice<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn15#_ftn15\"><sup>[15]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Un exemple est son utilisation des meurtri\u00e8res. Alors que les Plantagenets installaient des meurtri\u00e8res longues pour les archers dans les tours comme dans les remparts avec toutes sortes de niches am\u00e9nag\u00e9es \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur ainsi que des d\u00e9tails \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur (pieds des arch\u00e8res en \u00e9trier, formes arrondies, fentes adapt\u00e9es aux arbal\u00e8tes, tout cela donnant plus de libert\u00e9 de mouvement aux archers), dans le m\u00eame temps les Cap\u00e9tiens n&rsquo;installaient des arch\u00e8res que dans les tours, souvent courtes, sans une vari\u00e9t\u00e9 de niches int\u00e9rieures ou m\u00eame sans niches du tout. Parmi les autres am\u00e9liorations de d\u00e9tail apport\u00e9es par les Plantagen\u00eats notons les tours rondes flanquant les portes d&rsquo;entr\u00e9e, les tours rondes ou polygonales le long des remparts, les tours \u00e0 bec, les remparts festonn\u00e9s avec machicoulis, et les talus en pente \u00e0 la base des tours et des remparts. La plupart de ces innovations se retrouvent \u00e0 Cordes.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Indubitablement le ch\u00e2teau le plus renomm\u00e9 des Plantagen\u00eats est Ch\u00e2teau-Gaillard, la \u00ab&nbsp;belle fille&nbsp;\u00bb de Richard Ier construit entre 1196 et 1198. D&rsquo;aucuns voient dans le ch\u00e2teau de Richard la marque d&rsquo;un ego surdimensionn\u00e9, il reste qu&rsquo;il est demeur\u00e9 inexpugnable jusqu&rsquo;\u00e0 ce jour fatidique o\u00f9 les Fran\u00e7ais y p\u00e9n\u00e9tr\u00e8rent \u00e0 travers des latrines<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn16#_ftn16\"><sup>[16]<\/sup><\/a>. Il demeure aussi comme un exemple de la capacit\u00e9 d&rsquo;un homme disposant d&rsquo;\u00e9normes moyens \u00e0 r\u00e9aliser des innovations dans un ensemble d\u00e9fensif. L&rsquo;habilet\u00e9 de Richard \u00e0 utiliser la terre comme mat\u00e9riau produisit des terrassements servant comme premi\u00e8re ligne de d\u00e9fense avec des foss\u00e9s profonds s\u00e9parant une double enceinte et entour\u00e9s d&rsquo;un rempart ext\u00e9rieur. Tours rondes et tours \u00e0 bec procuraient aux d\u00e9fenseurs une excellente visibilit\u00e9 en m\u00eame temps qu&rsquo;une protection. Une des marques les plus typiques de Ch\u00e2teau Gaillard r\u00e9side dans une s\u00e9rie de remparts cylindriques qui telles de massives colonnes paraissaient enfonc\u00e9es dans l&rsquo;enceinte int\u00e9rieure et reposant sur un mur en forme de talus inclin\u00e9. Cet alignement de formes cylindriques, que Richard emprunta aux mod\u00e8les d\u00e9couverts au Moyen Orient, fut utilis\u00e9 pour soutenir des machicoulis ainsi que des plateformes en saillie pour les archers.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous trouvons beaucoup de ces \u00e9l\u00e9ments d\u00e9fensifs \u00e0 Cordes, et il est vraisemblable que Raymond VII a eu connaissance des exp\u00e9riences de son oncle comme de celles des ch\u00e2teaux de ses parents anglais. En 1222 il avait 25 ans, \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 dans le Midi comme un&nbsp; h\u00e9ros pour ses exploits guerriers, il venait d&rsquo;\u00eatre \u00e9tabli comte de Toulouse, il venait de proclamer la charte d&rsquo;une ville nouvelle dans le but de la prot\u00e9ger des forces hostiles qui l&rsquo;entouraient afin qu&rsquo;elle prosp\u00e8re. On est en droit de s&rsquo;attendre \u00e0 ce qu&rsquo;il se veuille l&rsquo;\u00e9mule de son oncle \u00e0 travers un ambitieux projet de construction. De fait on retrouve dans les fortifications de Cordes de nombreux \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9sents \u00e0 Ch\u00e2teau Gaillard. Exactement comme Richard avait cr\u00e9\u00e9 des foss\u00e9s aux points les plus sensibles, Raymond VII installa des ensembles d&rsquo;entr\u00e9es s\u00e9par\u00e9es par des foss\u00e9s aux pointes du puech \u00e0 l&rsquo;est et \u00e0 l&rsquo;ouest. Le syst\u00e8me mis en place \u00e9tait particuli\u00e8rement complexe \u00e0 l&rsquo;est, peut-\u00eatre parce que c&rsquo;\u00e9tait la direction d&rsquo;Albi et de ses rivaux de toujours, les Trencavels. Il fallait y traverser trois points de contr\u00f4le pour p\u00e9n\u00e9trer dans l&rsquo;enceinte sup\u00e9rieure (Figure 2 en annexe). Le premier arr\u00eat \u00e9tait la barbacane (une tour ind\u00e9pendante d&rsquo;o\u00f9 on \u00e9tait dirig\u00e9 vers le nord et subitement ramen\u00e9 au sud o\u00f9 il y avait une autre porte. De suite apr\u00e8s on faisait face \u00e0 un abrupt virage au nord pour entrer dans la porte du Planol (B sur Figure 2) qui est perc\u00e9e dans une unique tour allong\u00e9e et festonn\u00e9e<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn17#_ftn17\"><sup>[17]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans tous les cas &#8211; il y en a deux autres \u00e0 Cordes &#8211; les festons sont construits avec le calcaire blond extrait directement du puech. On y trouve des exemples de pierres taill\u00e9es pour soutenir l&rsquo;entaille des festons, ce qui montre \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence que cela faisait partie de la construction primitive.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>L\u00e0 on d\u00e9couvrait une mont\u00e9e abrupte et prot\u00e9g\u00e9e qui retournait vers le sud&nbsp; pour finalement rencontrer la porte la plus \u00e9lev\u00e9e, la Porte de Roux (A sur Figure 2). Raymond VII employait aussi des talus en pente, notamment \u00e0 la barbacane, ainsi que des remparts festonn\u00e9s visibles \u00e0 la barbacane et \u00e0 la porte du Planol.<em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; (coll.Marie-France Salingardes)<\/em><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Les radius des festons de Cordes sont identiques \u00e0 ceux de Ch\u00e2teau Gaillard, bien que&nbsp; les festons eux-m\u00eames ne soient que des chuchotements en face des \u00e9normes tuyaux d&rsquo;orgue ma\u00e7onn\u00e9s de Richard.<\/p>\n\n\n\n<p>La barbacane de Cordes est peut-\u00eatre la premi\u00e8re de cette taille \u00e9rig\u00e9e en Languedoc car celles que nous connaissons avant le 14\u00e8me si\u00e8cle sont beaucoup plus petites<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn18#_ftn18\"><sup>[18]<\/sup><\/a>. Il est possible que ce fut une \u00ab&nbsp;double barbacane&nbsp;\u00bb s&rsquo;il ne se trouvait pas de rempart en pierre comme enceinte inf\u00e9rieure quand elle fut construite. Cette tour a environ 5,5m de rayon ce qui la place au niveau des plus petites barbacanes de Carcassonne (la barbacane Cr\u00e9made au sud), et sa hauteur atteint les 9 m\u00e8tres \u00e0 l&rsquo;ouest et 14 m\u00e8tres \u00e0 l&rsquo;est.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Les quatre barbacanes de Carcassonne furent construites par Louis IX vers 1228, (figure 3) et bien que Mesqui sugg\u00e8re qu&rsquo;elles furent les premi\u00e8res construites&nbsp; dans un but purement d\u00e9fensif, il est possible que celle de Cordes les ait pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn19#_ftn19\"><sup>[19]<\/sup><\/a>. La barbacane de Cordes est b\u00e2tie avec les m\u00eames grands blocs calcaires blonds que les portes de l&rsquo;enceinte sup\u00e9rieure, avec un impressionnant talus \u00e0 la base de 5 m\u00e8tres de haut et une pente de 60 degr\u00e9s r\u00e9alis\u00e9e en calcaire dolomite sombre. Les talus en pente, un autre trait emprunt\u00e9 au Moyen Orient, repr\u00e9sentaient des d\u00e9fenses efficaces contre les sapes, d\u00e9viaient les tirs, et \u00e0 Cordes augmentaient la hauteur des tours pour ceux qui en approchaient le pied. Blotti dans la courbe sud de la base rocheuse qui butte sur le talus, il y a une petite ouverture sommairement taill\u00e9e qui conduit \u00e0 un passage souterrain soigneusement creus\u00e9 et d&rsquo;une taille confortable. Il se dirige vers le sud ouest, un de ces nombreux passages souterrains que \u00ab&nbsp;personne ne sait sauf tout le monde \u00bb, selon les mots de l&rsquo;artiste Jeanne Ramel-Cals<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn20#_ftn20\"><sup>[20]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ouvertures de la plupart de ces souterrains, partiellement \u00e9tudi\u00e9es, donnent sur la face sud de Cordes juste au pied de l&rsquo;enceinte sup\u00e9rieure. Il est possible que ce soit des excavations d&rsquo;un habitat troglodite ou qu&rsquo;elles soient les vides laiss\u00e9s par l&rsquo;extraction des rocs pour les fortifications. Il est possible aussi que certaines de ces excavations soient ces cavernes qui servaient pour des liturgies pa\u00efennes qui durent \u00eatre bouch\u00e9es par le Trait\u00e9 de Paris. Sans aucun doute elles servaient de point d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 des citernes sises dans le calcaire, et elles ont sans doute servi au cours des \u00e2ges de passages secrets pour les besoins les plus divers. Peut-\u00eatre que les demeures cordaises en apparence si solides ne sont, comme le sugg\u00e8re Ramel-Cals, que des mirages,<em> un amoncellement d\u2019air et d\u2019eau tenant ensemble en \u00e9quilibre<\/em> <a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn21#_ftn21\"><sup>[21]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;entr\u00e9e par l&rsquo;ouest (Figure 4 en annexe) est moins resserr\u00e9e que celle de l&rsquo;est, peut-\u00eatre parce que le mat\u00e9riau de construction provenait des carri\u00e8res et des bois qui se trouvaient aux alentours. Toutefois cela ne veut pas dire que c&rsquo;\u00e9tait moins compliqu\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de l&rsquo;est. Le syst\u00e8me tenait davantage \u00e0 l&rsquo;utilisation de tours en saillie et \u00e0 flanc des remparts plut\u00f4t que sur une topographie adapt\u00e9e \u00e0 la d\u00e9fense, et les remparts festonn\u00e9s sont ici bien plus apparents.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>La porte principale de l&rsquo;enceinte inf\u00e9rieure, la Porte de la Jeanne, est atteinte \u00e0 travers un passage est-ouest qui bifurque au sud pour traverser des tours rondes et flanquant la porte. Puis le passage tourne brusquement vers l&rsquo;ouest, le sud puis l&rsquo;est pour grimper jusqu&rsquo;au point final, l&rsquo;entr\u00e9e la plus haute, la Porte des Ormeaux qui est aussi entour\u00e9e par deux tours rondes.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Cette porte avec la porte de Roux ou Portail Peint forment les entr\u00e9es principales qui encadrent dans le sens est-ouest le <em>decumanus <\/em>&nbsp;de Cordes, qui a environ 340 m\u00e8tres. Bien que leurs aspects ext\u00e9rieurs diff\u00e8rent, l&rsquo;agencement int\u00e9rieur de ces deux portes est quasiment identique. Les deux sont flanqu\u00e9es de deux tours, de talus en pente, de herses, de portes en bois, de meurtri\u00e8res et d&rsquo;un assommoir. Les deux portes ont un passage de 6,83 de long, de 3,05 m\u00e8tres de large sur la face tourn\u00e9e vers l&rsquo;ext\u00e9rieur et de 3,80 m\u00e8tres pour l&rsquo;autre face vers l&rsquo;int\u00e9rieur. Leurs remparts ext\u00e9rieurs avaient au moins 15 m\u00e8tres de haut bas\u00e9s sur la hauteur de leurs ouvertures et la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;\u00e9lever une herse \u00e0 6 m\u00e8tres de hauteur. Les passages comportent deux herses de chaque c\u00f4t\u00e9, d&rsquo;une double porte et un assommoir \u00e0 proximit\u00e9 de la rainure de la herse. (Cette configuration est r\u00e9sum\u00e9e dans les textes fran\u00e7ais par H\/A\/V\/H soit H-herse, A-assommoir, V-vantaux, doubles battants de la porte en bois, H-herse). Ce n&rsquo;est pas habituel de trouver deux herses. L&rsquo;assommoir est indiqu\u00e9 par une meurtri\u00e8re avec \u00e9trier juste derri\u00e8re la herse ext\u00e9rieure. C&rsquo;est encore une autre innovation des Plantagen\u00eats.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Un autre d\u00e9tail que l&rsquo;on trouve dans les deux portes sup\u00e9rieures est la pr\u00e9sence de meurtri\u00e8res le long des passages d&rsquo;entr\u00e9e. Les deux petites portes de l&rsquo;enceinte sup\u00e9rieure \u00e9taient appel\u00e9es <em>portanels<\/em>, elles ont les m\u00eames dimensions mais n&rsquo;ont pas l&rsquo;appareil d\u00e9fensif des autres portes. Le portanel sud a disparu mais son emplacement est marqu\u00e9 par son rattachement au mur de la Tour de Colon&nbsp;; quant \u00e0 la porte du nord elle existe encore mais a \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement refaite. Les portanels sont aux extr\u00e9mit\u00e9s du <em>cardo<\/em> nord-sud qui conduit directement au march\u00e9 et a une longueur d&rsquo;environ 90 m\u00e8tres. Ces portes n&rsquo;ont sans doute pas eu un r\u00f4le d\u00e9fensif, mais&nbsp; \u00e0 la fin du 13\u00e8me si\u00e8cle le portanel nord \u00e9tait devenu un important passage vers la place du march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il reste un dernier \u00e9l\u00e9ment entrant dans le groupe des premi\u00e8res constructions, c&rsquo;est le puits de 113,4 m\u00e8tres de profondeur bien situ\u00e9 au centre de la cit\u00e9, sur le c\u00f4t\u00e9 sud de la halle du march\u00e9. Cette \u0153uvre remarquable en a embarrass\u00e9 beaucoup \u00e0 cause du travail requis pour sa construction vue sa capacit\u00e9, toutefois m\u00eame si nous ne conna\u00eetrons jamais son histoire, il existe un autre exemple pouvant donner une id\u00e9e des ambitions du comte. Les deux puits connus et comparables \u00e0 cette \u00e9poque sont celui du Krak des Chevaliers au Liban et celui du ch\u00e2teau F\u00e9nelon en Dordogne qui a 98 m\u00e8tres de profondeur<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn22#_ftn22\"><sup>[22]<\/sup><\/a>. A Cordes, le puits a 1,83 m\u00e8tre de diam\u00e8tre. Les 30 m\u00e8tres sup\u00e9rieurs sont taill\u00e9s dans la roche brute, ensuite il devient un puits circulaire par\u00e9 de larges blocs de calcaire blond semblables dans leurs dimensions et leur technique de taille \u00e0 ceux des portes proches du lit de la rivi\u00e8re C\u00e9rou. Les pierres sont taill\u00e9es avec soin, sans mortier de liaison, avec des dimensions constantes en hauteur et en \u00e9paisseur. En se basant sur la capacit\u00e9 du puits, qui n&rsquo;est que de 33m3 d&rsquo;eau, et sur les difficult\u00e9s pour puiser l&rsquo;eau, il semble qu&rsquo;il ne devait servir qu&rsquo;en cas de si\u00e8ge<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn23#_ftn23\"><sup>[23]<\/sup><\/a>.&nbsp; L&rsquo;eau \u00e9tait abondante \u00e0 Cordes, assur\u00e9e principalement par les citernes naturelles ou creus\u00e9es ainsi que par des puits peu profonds. Sans rapport avec son utilisation comme r\u00e9serve d&rsquo;eau, le puits a \u00e9t\u00e9 la source d&rsquo;une l\u00e9gende colport\u00e9e par toutes les histoires de Cordes depuis le 19\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;histoire raconte qu&rsquo;en 1233 trois inquisiteurs dominicains furent envoy\u00e9s \u00e0 Cordes pour arr\u00eater des h\u00e9r\u00e9tiques dont deux furent condamn\u00e9s \u00e0 \u00eatre br\u00fbl\u00e9s vifs, une vieille femme et un paysan. A la seconde condamnation, les habitants arrach\u00e8rent l&rsquo;accus\u00e9 des mains du bourreau, se ru\u00e8rent sur les inquisiteurs et les tu\u00e8rent. Ils tir\u00e8rent ensuite les corps des dominicains \u00e0 travers les rues et jet\u00e8rent leurs d\u00e9pouilles dans le puits<a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftn24#_ftn24\"><sup>[24]<\/sup><\/a>. Cette l\u00e9gende a pu trouver son origine dans une rumeur surgie apr\u00e8s l&rsquo;expulsion de Toulouse des dominicains en 1234 et l&rsquo;assassinat sauvage des inquisiteurs \u00e0 Avignonet en 1242.<\/p>\n\n\n\n<p>La l\u00e9gende a pu aussi bien \u00eatre v\u00e9ridique quand on voit comment les Cordais dans le si\u00e8cle suivant ont prouv\u00e9 qu&rsquo;ils pouvaient exister et prosp\u00e9rer en d\u00e9fiant la pression qui voulait les obliger \u00e0 pers\u00e9cuter les cathares vivant au milieu d&rsquo;eux.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour finir, il faut dire que soit par leur construction et leur dessin, soit par leur renomm\u00e9e comme \u00e9l\u00e9ments redoutables ou vindicatifs\u2014dans le cas du puits\u2014l\u2019ensemble de fortifications de Cordes reste un testament au prestige et aux comp\u00e9tences du jeune compte Raymond VII. Ces \u00e9l\u00e9ments sont parmi les rares preuves que nous avons de ses efforts \u00e0 \u00e9tablir son nom et \u00e0 regagner son territoire dans le Midi.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em><u>Notes&nbsp;<\/u><\/em><em>: Les dessins et les photos sont tous de l\u2019auteur sauf comme not\u00e9s autrement. L\u2019auteur doit un grand remerciement \u00e0 Michel Bonnet pour la traduction.<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><strong>ANNEXE<\/strong><img decoding=\"async\" alt=\"Fig 4 Portal forts\" height=\"306\" src=\"\" width=\"\">Figure 1(de C.Portal, Histoire de la ville de Cordes, page 502)&nbsp;<img decoding=\"async\" alt=\"Fig 6 CB sequence des portes est\" height=\"220\" src=\"\" width=\"\">Figure 2&nbsp;<img decoding=\"async\" alt=\"Fig 8 CB Carcassonne et Cordes\" height=\"345\" src=\"\" width=\"\"><img decoding=\"async\" alt=\"Fig 9 sequence portes ouest\" height=\"344\" src=\"\" width=\"\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Figure 3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Figure 4&nbsp;<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref1#_ftnref1\">[1]<\/a>&nbsp; \u00ab\u00a0Ils ont \u00e9crit Cordes&#8230;Voyageurs, historiens, romanciers, po\u00e8tes: Exposition du 2 octobre au 2 d\u00e9cembre 2004,\u00a0\u00bb ed. Cordes-sur-ciel (Gaillac: L&rsquo;imprimerie Rhode, 2004), 39.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref2#_ftnref2\">[2]<\/a>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pascal Gu\u00e9bin and Ernest Lyon, eds., <em>Petri Vallium Sarnaii monachi Hystoria albigensis<\/em> (Paris: Librarie Ancienne Honor\u00e9 Champion, 1926), Vol. I, 291.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref3#_ftnref3\">[3]<\/a>&nbsp;&nbsp; Jean-Gabriel Jonin, <em>La Cit\u00e9 Cathare: Cordes-sur-Ciel ou l&rsquo;Echine du Dragon <\/em>(Cordes-sur-Ciel: Les Editions de Mordagne, 1991), 77-78.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref4#_ftnref4\">[4]<\/a>&nbsp;&nbsp; Pour des d\u00e9scriptions et des cartes, voir Michel Roquebert, <em>L&rsquo;Epop\u00e9e Cathare, 1198-1212: L&rsquo;invasion<\/em> (Toulouse: Privat, 1970), 141, 299, 363, 405, 431, 437, 455, and 473.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref5#_ftnref5\">[5]<\/a>&nbsp; Elaine Graham-Leigh, <em>The Southern French Nobility and the Albigensian Crusade<\/em> (Woodbridge, Suffolk, England: Boydell Press, 2005), 167.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref6#_ftnref6\">[6]<\/a>&nbsp; Jay Appleton, <em>The Experience of Landscape<\/em> (London: John Wiley &amp; Sons, 1975).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref7#_ftnref7\">[7]<\/a>&nbsp; Pascal Waringo, \u00ab\u00a0La Construction des Fortifications de Cordes,\u00a0\u00bb in <em>Recherche-Conseil-P\u00e9dagogie en Techniques M\u00e9di\u00e9vales de Construction<\/em> (Mailhoc, France&nbsp; 2005).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref8#_ftnref8\">[8]<\/a>&nbsp;&nbsp; Charles Portal, <em>Histoire de la ville de Cordes en Albigeois (1222-1799)<\/em>, Third (1984) ed. (Toulouse: Soci\u00e9t\u00e9 des Amis du Vieux Cordes, Privat, 1902 ), 507.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref9#_ftnref9\">[9]<\/a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mesqui n\u2019offre pas des exemples comparables. Jean Mesqui, <em>Ch\u00e2teux et enceintes de la France m\u00e9di\u00e9vale: de la d\u00e9fense \u00e0 la r\u00e9sidence<\/em>, vol. I: Les organes de la d\u00e9fense (Paris: Picard, 1991).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref10#_ftnref10\">[10]<\/a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Waringo, \u00ab\u00a0La Construction des Fortifications de Cordes.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref11#_ftnref11\">[11]<\/a>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Gilles S\u00e9raphin, \u00ab\u00a0L&rsquo;Enceinte de Cordes,\u00a0\u00bb <em>121e Congr\u00e8s nat. soc. hist. scient.<\/em>&nbsp; (1996).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref12#_ftnref12\">[12]<\/a>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Alain Lauret, Raymond Malebranche, and Gilles S\u00e9raphin, <em>Bastides, Villes Nouvelles du Moyen Age<\/em> (Editions Milan, 1988), 133; Odon de Lingua&nbsp; De Saint-&nbsp;&nbsp; Blanquat, <em>La fondation des bastides royales dans la s\u00e9n\u00e9chaussee de Toulouse aux XIIIe et XIVe si\u00e8cles<\/em> (Toulouse: Centre national de documentation p\u00e9dagogique, Centre r\u00e9gional de documentation p\u00e9dagogique de Toulouse, 1985), 124.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref13#_ftnref13\">[13]<\/a>&nbsp;&nbsp; Mesqui, <em>Ch\u00e2teaux et enceintes<\/em>, I: Les organes de la d\u00e9fense, 342.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref14#_ftnref14\">[14]<\/a>&nbsp;&nbsp; Andr\u00e9 D\u00e9bord, \u00ab\u00a0La politique de fortification des Plantagen\u00eat dans la seconde moiti\u00e9 du XIIe si\u00e8cle\u00a0\u00bb (paper presented at the conference \u00ab\u00a0Fortifications dans les &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; domaines Plantagen\u00eat XIIe-XIVe si\u00e8cles: Actes du Colloque international tenu \u00e0 Poitiers du 11 au 13 novembre 1994\u00a0\u00bb, Poitiers, 1994), 12.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref15#_ftnref15\">[15]<\/a>&nbsp;&nbsp; Jean Mesqui, \u00ab\u00a0En guise d&rsquo;introduction: question d&rsquo;identit\u00e9s\u00a0\u00bb (ibid.); Philippe Durand, \u00ab\u00a0En guise de conclusion. L&rsquo;architecture militaire dans les domaines Plantagen\u00eat: une identit\u00e9\u00a0\u00bb (paper presented at the conference \u00ab\u00a0Fortifications dans les domaines Plantagen\u00eat XIIe-XIVe si\u00e8cles: Actes du Colloque &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; international tenu \u00e0 Poitiers du 11 au 13 novembre 1994\u00a0\u00bb, Poitiers, 1994); ibid.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref16#_ftnref16\">[16]<\/a>&nbsp;&nbsp; Christian Corvisier, \u00ab\u00a0Ch\u00e2teau Gaillard et son donjon. Une oeuvre exp\u00e9rimentale de Richard Coeur de Lion\u00a0\u00bb (ibid.), 52.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref17#_ftnref17\">[17]<\/a>&nbsp;&nbsp; Quelques-unes de ces portes ont plus d\u2019un nom, et j\u2019utilise toujours le plus commun.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref18#_ftnref18\">[18]<\/a>&nbsp; Jacques Miquel, <em>L&rsquo;architecture militaire dans le Rouergue au Moyen-Age et l&rsquo;organisation de la d\u00e9fense<\/em> (Editions Fran\u00e7aise d&rsquo;Arts Graphiques, 1981), 265-266.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref19#_ftnref19\">[19]<\/a>&nbsp;&nbsp; Mesqui, <em>Ch\u00e2teaux et enceintes<\/em>, I: Les organes de la d\u00e9fense, 353. Pour une d\u00e9scription d\u00e9taill\u00e9e des barbicans de Carcassonne, voir Joseph Poux, <em>La Cit\u00e9 de Carcassonne, Histoire et D\u00e9scription: L&rsquo;Epanouissement (1067-1466)<\/em>, vol. II (Toulouse: Privat, 1931), 277-296.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref20#_ftnref20\">[20]<\/a>&nbsp;&nbsp; Jeanne Ramel-Cals (1883-1976) a v\u00e9cu dans la barbacan et alors avait acc\u00e8s des passages.\u2026<em>des fortes maisons, des tours, en de nombreux points, se dissimulent des portes commiquant avec des souterrains. <\/em><em>Tout cela est tenu secret, donc personne ne le sait (sauf tout le monde), mais nul n\u2019en parle ou parlera<\/em>\u2026 Ramel-Cals, <em>L\u00e9gendaire<\/em>, 107-109.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref21#_ftnref21\">[21]<\/a><em>&nbsp;&nbsp; C\u2019est ainsi que Cordes, par ailleurs toute creuse, est presque un amoncellement d\u2019air et d\u2019eau tenant ensemble en \u00e9quilibre<\/em>. Ibid., 107.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref22#_ftnref22\">[22]<\/a>&nbsp; Ces comparaisons et un rapport de la construction du puits \u00e9taient fait comme partie de l\u2019exploration des sp\u00e9l\u00e9ologues entre 1955 et 1961. Portal, <em>Cordes<\/em>, 661-671.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref23#_ftnref23\">[23]<\/a>&nbsp;&nbsp; Louis Irissou, \u00ab\u00a0Etude des eaux d&rsquo;alimentation particuli\u00e8rement des eaux de citerne de la ville de Cordes (Tarn)\u00a0\u00bb (Universit\u00e9 de Toulouse, 1904).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/admin.asso-web.com\/actualite\/ajouter.php#_ftnref24#_ftnref24\">[24]<\/a>&nbsp; Cl\u00e9ment Compayr\u00e9, <em>Etudes historiques sur l&rsquo;Albigeois<\/em> (Albi1841); Claude De Vic and J. Vaiss\u00e8te, eds., <em>Histoire g\u00e9n\u00e9rale de Languedoc avec des notes et les pi\u00e8ces justificatives par dom Cl. Devic &amp; dom J. Vaissete<\/em> (Toulouse: E. Privat, 1872), Vol. 6, 687; Elie&nbsp; Rossignol, <em>Cantons de Cordes, Vaour et Castelnau-de-Montmirail<\/em>, Monographies Communales ou Etude Statistique, Historique et Monumentale du D\u00e9partement du Tarn (Paris: Le livre d&rsquo;histoire 1865; repr., 2003), 10, and; Portal, <em>Cordes<\/em>, 20.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Catherine Barrett<\/li>\n\n\n\n<li>25\/09\/2019<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><\/h4>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un d\u00e9fi\u00a0: les fortifications de Cordes par Catherine Barrett Un castrum parmi les autres Le site spectaculaire ainsi que les fortifications de Cordes sont pour beaucoup dans la mythologie qui entoure la cit\u00e9. Les fortifications, outre leur r\u00f4le d&#8217;embl\u00e8mes du pouvoir des comtes et de leur ascendance royale, sont en fait le complexe d\u00e9fensif le &#8230; <a title=\"Les fortifications de Cordes\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/les-fortifications-de-cordes-2\/\" aria-label=\"En savoir plus sur Les fortifications de Cordes\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-456","page","type-page","status-publish"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/456","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=456"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/456\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":457,"href":"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/456\/revisions\/457"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=456"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}