{"id":479,"date":"2025-05-06T19:11:43","date_gmt":"2025-05-06T17:11:43","guid":{"rendered":"https:\/\/cordescomtat.com\/?page_id=479"},"modified":"2025-05-06T19:11:44","modified_gmt":"2025-05-06T17:11:44","slug":"souvenirs-denfance","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/cordescomtat.com\/index.php\/souvenirs-denfance\/","title":{"rendered":"Souvenirs d&rsquo;enfance"},"content":{"rendered":"\n<hr class=\"wp-block-separator aligncenter has-alpha-channel-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><strong><em>Souvenirs d&rsquo;enfance\u2026\u00a0De Jacqueline Salvat, Germaine Ardourel, Jacky Jouve\u00a0<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En ce d\u00e9but de XXI \u00e8me si\u00e8cle nos enfants n&rsquo;ont pas souvent l&rsquo;occasion de voir leurs parents sur leur lieu de travail. De toutes les fa\u00e7ons, leurs emplois du temps d&rsquo;enfants sont remplis par l&rsquo;ordinateur, la t\u00e9l\u00e9vision, des activit\u00e9s extra scolaires bien encadr\u00e9es: les parents s&rsquo;efforcent de les soustraire aux dangers de la rue.<br>Il en \u00e9tait bien autrement autrefois, du temps o\u00f9 le c\u0153ur de Cordes battait au rythme de nombreuses entreprises artisanales ou industrielles qui s&rsquo;exer\u00e7aient au vu et au su de tout le monde. Les enfants \u00e9taient libres et leurs activit\u00e9s tr\u00e8s vari\u00e9es.<br><em>\u00a0<\/em><br><em>Jacqueline Salvat, Germaine Ardourel et Jacky Jouves&rsquo;en souviennent\u2026<\/em>\u00a0<br>\u00a0<br>Un jour, c&rsquo;\u00e9tait le ramassage de marrons qu&rsquo;ils essayaient de vendre \u00e0 un propri\u00e9taire de cochons, un autre la capture de petits poissons dans l&rsquo;Aurosse\u2026 Le centre d&rsquo;attraction se situait tout de m\u00eame vers la Bouteillerie.\u00a0\u00a0Dans les ann\u00e9es 30, Gabriel Audoui y avait cr\u00e9e une bonneterie, dans un immeuble o\u00f9 se trouve \u00e0 pr\u00e9sent le magasin \u00ab\u00a0Brin de Nature\u00a0\u00bb; l\u00e0 travaillaient jusqu&rsquo;\u00e0 20 personnes, des femmes, \u00e0 part le contrema\u00eetre et le m\u00e9canicien.<br>Apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9cole, les enfants pouvaient observer la fabrication de A \u00e0 Z; ils r\u00e9cup\u00e9raient les canelous (l&rsquo;int\u00e9rieur des bobines de fil) pour jouer. Au rez de chauss\u00e9e, c\u00f4t\u00e9 nord, le fil \u00e9tait mis sur les bobines, travail effectu\u00e9 par un homme; c\u00f4t\u00e9 sud se trouvaient les machines (m\u00e9caniques) \u00e0 tricoter les chaussettes. Il y en eut de 8 \u00e0 10.\u00a0 Les ouvriers travaillaient debout. Il y avait en plus deux machines \u00e0 remailler servant \u00e0 faire la diminution pour faire le talon, la pointe et le bout de la chaussette.<br>Au deuxi\u00e8me \u00e9tage, on effectuait les finitions; les ravaudeuses arr\u00eataient la maille fil\u00e9e, travail minutieux qui, bien fait, \u00e9tait imperceptible. Les repasseuses mettaient les chaussettes sur cinq formes chaudes \u00e0 la suite, de tailles diff\u00e9rentes. Il y avait apr\u00e8s la couture de deux points de chaque c\u00f4t\u00e9 de la jambe, un point au talon et un autre \u00e0 la pointe, la mise en paires puis en douzaines.<br>Au premier \u00e9tage se pr\u00e9paraient les exp\u00e9ditions; les cartons \u00e9taient exp\u00e9di\u00e9s par train de Vindrac \u00e0 Marseille, par bateau ensuite en Alg\u00e9rie, qui constituait le client privil\u00e9gi\u00e9 de Mr Audoui. Un contrema\u00eetre m\u00e9canicien, Esther Fabre, qui fut remplac\u00e9 plus tard par Kl\u00e9ber Peri\u00e9, encadrait tout ce travail. Les enfants pouvaient rester \u00e0 condition de rester tranquilles. (l&rsquo;atelier ferma en 1962).<br>Tout pr\u00e8s de l\u00e0, le c\u00e9l\u00e8bre Pugnarette ferrait les chevaux (\u00e0 la place de la boucherie Denis) et Francoretto, le charron, fabriquait des roues.<br>En face, c&rsquo;\u00e9tait le Poids Public qui attirait l&rsquo;attention. On y voyait passer beaucoup de monde : Monsieur Cazes avec son charbon ou des mat\u00e9riaux, Monsieur No\u00ebl Richard de Vaour avec du bois pour le chauffage ou le charbon de bois. Sur le c\u00f4t\u00e9, il y avait la cage pour peser les porcs. Il fallait faire la tare tous les jours. \u00a0Mademoiselle Simone Comte \u00e9tait l&#8217;employ\u00e9e municipale qui g\u00e9rait cette activit\u00e9 et notait tout pour faire payer les taxes, elle \u00e9tait souvent d\u00e9rang\u00e9e en dehors des horaires officiels; Jacqueline \u00e9tait souvent mise \u00e0 contribution, tout comme \u00e0 la poste o\u00f9 s&rsquo;exer\u00e7ait l&rsquo;autre activit\u00e9 de sa cousine.<br>Celle-ci demandait les communications \u00e0 Albi, s&rsquo;occupait du courrier, des mandats et des t\u00e9l\u00e9grammes. Jacqueline se faisait toute petite et avait le droit de tamponner et de peser !On pouvait rencontrer le docteur Orliac, surnomm\u00e9 Raminiou, omnipraticien d\u00e9vou\u00e9 qui avait \u00e9t\u00e9 emport\u00e9 par un sanglier montant de l&rsquo;Aurosse par la Peyrade.\u00a0<br><br>En montant dans la cit\u00e9 on pouvait voir travailler le p\u00e8re de Ren\u00e9e Claire qui \u00e9tait coiffeur, barbier perruquier (et m\u00eame braconnier \u00e9m\u00e9rite du C\u00e9rou \u00e0 ses heures), Paul Jouve qui, malgr\u00e9 une blessure de guerre, fabriquait des violons, \u00e9levaient des pies et faisait des omelettes de leurs \u0153ufs apr\u00e8s les avoir d\u00e9nich\u00e9s, son fr\u00e8re Edouard qui faisait sabots et galoches.\u00a0\u00a0<br>Les grands \u00e9l\u00e8ves \u00e9taient incit\u00e9s \u00e0 aller s&rsquo;instruire sur l&rsquo;administration de la justice que rendait le juge de paix dans une salle de l&rsquo;ancienne mairie. Ils pouvaient, par exemple, y entendre condamner Laussou Massoutier pour une histoire de mur (lequel Massoutier, facteur et assureur de son \u00e9tat, avait coutume de ne pas s&rsquo;arr\u00eater dans les maisons o\u00f9 les verres n&rsquo;\u00e9taient pas bien lav\u00e9s), ou bien Marius Fabre dit \u00ab\u00a0le pantin\u00a0\u00bb qui faisait proc\u00e8s de tout.\u00a0\u00a0<br>Il y avait aussi la m\u00e9moire du travail qui rythmait la vie familiale puisque des m\u00e9tiers \u00e0 broder \u00e9taient install\u00e9s \u00e0 domicile (55 m\u00e9tiers recens\u00e9s \u00e0 Cordes, 2 parfois par maison !). Germaine Ardourel, n\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Acampadou puis, ayant habit\u00e9 au-dessus de l&rsquo;Horloge, raconte:\u00a0\u00bbEn 1930, ma m\u00e8re travaillait chez M. H\u00e9brard, elle y \u00e9tait enfileuse et d\u00e9coupeuse; apr\u00e8s sa journ\u00e9e de travail, elle passait ses soir\u00e9es \u00e0 recouper les bandes de broderie, \u00e0 \u00e9vider les parties qui devaient l&rsquo;\u00eatre; mon p\u00e8re lui ayant fabriqu\u00e9 un poste \u00e0 gal\u00e8ne, elle travaillait \u00e0 la veill\u00e9e en \u00e9coutant de la musique.<br>\u00a0L&rsquo;entreprise Gorsse, elle, ne donnait pas de travail \u00e0 domicile. Des \u00e9chantillons de tous les mod\u00e8les sont poss\u00e9d\u00e9s par les anciens propri\u00e9taires de m\u00e9tiers.\u00a0<br>En haut de Cordes, on pouvait voir Ren\u00e9 Ichard, ancien maire et conseiller g\u00e9n\u00e9ral, dans son atelier de broderie (maison d&rsquo;\u00e9dition Laroque actuellement), par beau temps on sortait le grand-p\u00e8re tr\u00e8s \u00e2g\u00e9 devant la porte .<br>Le contrema\u00eetre Marcel Vergnes fut secr\u00e9taire de mairie et cr\u00e9ateur de broderie. Contrema\u00eetresse \u00e9galement, Laurencie Comte , grand-tante de Jacqueline . En 1956, Abel Langlet * brodait encore des crocodiles Lacoste sur le m\u00e9tier St Gall. Henri Reifler, d&rsquo;origine suisse, \u00e9tait m\u00e9canicien des m\u00e9tiers sur Cordes, son p\u00e8re ayant apport\u00e9 le savoir-faire de son pays.\u00a0<br><br>En tout lieu de la cit\u00e9, la jeunesse de Cordes de l&rsquo;\u00e9poque pouvait satisfaire sa curiosit\u00e9. Il arriva aussi \u00e0 Jacqueline d&rsquo;admirer Yves Brayer, en face de la chapelle des Trinitaires o\u00f9 il avait install\u00e9 son chevalet. Il y peignait la maison d&rsquo; Augusta. Il demandait au p\u00e8re de Germaine de lui fabriquer des encadrements pour ses \u0153uvres. \u00a0L&rsquo;artiste prenait le pas sur l&rsquo;artisan, c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;aube d&rsquo;une nouvelle \u00e9poque pour Cordes.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<em>\u00a0\u00a0\u00a0<\/em><br><br><br>* voir sa photo dans\u00a0 <em>\u00a0\u00bb Petits \u00e9chos d&rsquo;une belle histoire<\/em> \u00a0\u00bb de Claire Targuebaire\u00a0 \u00e9dit\u00e9 en 2005 par\u00a0les Amis de Cordes et du Comtat Cordais<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Souvenirs d&rsquo;enfance\u2026\u00a0De Jacqueline Salvat, Germaine Ardourel, Jacky Jouve\u00a0 En ce d\u00e9but de XXI \u00e8me si\u00e8cle nos enfants n&rsquo;ont pas souvent l&rsquo;occasion de voir leurs parents sur leur lieu de travail. 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